Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives Canada

 

     Petites chroniques dépaysantes / Collectif d’élèves.

Publié en format imprimé (s) et électronique (s).
ISBN 978-2-89597-543-4. — ISBN 978-2-89597-567-0 (pdf). —
ISBN 978-2-89597-568-7 (epub)

     1. Voyage — Romans, nouvelles, etc. 2. Écrits d’élèves du secondaire canadiens-français — Ontario. 3. Nouvelles canadiennes — françaises — Ontario.

PS8323.V69P47 2016      C843’.083089283      C2016-902152-1
C2016-902153-X

 

Les Éditions David remercient le ministère de l’Éducation de l’Ontario pour sa contribution au projet « Mordus des mots ».

 

credits

 

Les Éditions David
335-B, rue Cumberland, Ottawa (Ontario) K1N 7J3
Téléphone : 613-830-3336 | Télécopieur : 613-830-2819
info@editionsdavid.com | www.editionsdavid.com

 

Tous droits réservés. Imprimé au Canada.
Dépôt légal (Québec et Ottawa), 2e trimestre 2016

 

Préface
 
Voyager, quelle belle façon
de se découvrir soi-même…

Je me souviens comme si c’était hier du moment où les Éditions David m’ont approchée pour devenir la porte-parole de la 7e édition du concours Mordus des mots. Pour moi, chez qui voyage et littérature ont toujours été intimement liés, cette possibilité d’aller à la rencontre des jeunes de l’Ontario français, de leur offrir un atelier sur le récit de voyage et de les motiver à participer à un concours d’écriture avait tout d’un bonheur tombé directement du ciel. Restait encore à leur transmettre ma passion…

Écrire un récit de voyage : facile, me direz-vous ! Les personnages, les lieux, la trame narrative étant déjà trouvés, il n’y a qu’à plonger dans ses souvenirs et à les coucher sur papier. Vrai, en théorie… car ce qui s’avère plus difficile, c’est d’écrire un bon récit de voyage, un récit qui permettra au lecteur de vivre les émotions ressenties en chemin, tout autant que le dépaysement.

Mais, faut-il pour cela avoir été à l’autre bout du monde, avoir traversé à la nage des rivières remplies de crocodiles ? Demandez-le aux jeunes ayant suivi l’atelier. Dès les salutations faites, je les invitais à sortir un papier et un crayon afin de raconter le récit véridique de leur périple du matin entre… la porte de la maison et la porte de l’école ! Pas une classe qui ne m’ait dévisagée de façon dubitative. Première leçon : le voyage est d’abord et avant tout une question de regard.

Entre vos mains, donc, un recueil des trente meilleurs textes écrits par des élèves de différentes écoles francophones qui ont su développer cette formidable capacité d’être observateur — de soi, des autres, des espaces — avant même d’être communicateur. Car qui sait observer comprend, se comprend, apprend… Grands rôles du voyage !

Mes remerciements les plus sincères aux enseignantes et aux enseignants qui ont préparé les groupes à mes rencontres, qui m’ont accueillie à bras ouverts et qui ont soutenu les élèves tout au long du processus d’écriture. Ma profonde reconnaissance envers les Éditions David de m’avoir fait confiance et de m’avoir permis de vivre cette formidable aventure par-delà les routes ontariennes (festival des travaux routiers, crevaison et détours inclus !).

Félicitations à tous les élèves qui ont soumis un texte ! Sachez que vous nous nous avez donné bien du fil à retordre lorsqu’est venu le temps de sélectionner les gagnantes et les gagnants ! À celles et à ceux qui ont été retenus et qui ont le bonheur d’être publiés : mille bravos ! En espérant surtout vous avoir donné à toutes et à tous, et pour toujours, le goût de déposer vos souvenirs et impressions de voyage dans des carnets.

Bonne lecture !

Katia Canciani
Auteure-conseil

Concours de création littéraire
« Mordus des mots » 2015-2016

Un voyage digne de la LNH

IL EST 6 h 30. C’est le grand jour !

— Es-tu prêt mon homme ? Nous avons beaucoup de kilomètres à parcourir… dépêche-toi !, me dit mon père, en me réveillant.

C’est le moment du voyage qui me déplaît le plus : passer des heures et des heures dans l’auto. Je me lève enfin, finalise mes bagages, dis au revoir à ma mère et à Ivory, mon petit chien, et nous voilà en route pour les États-Unis. Mon père et moi sommes des mordus de hockey et rêvons d’assister à un match dans chaque aréna de la LNH. Ce voyage, que nous préparons depuis plusieurs mois, nous mènera à Nashville, au Tennessee, puis à St-Louis, au Missouri, pour visiter nos 14e et 15e arénas.

Aux douanes américaines, pour une fois, la chance est avec nous. L’attente ne dépasse pas cinq minutes. Il est 7 h 15 et nous sommes à quatorze heures de route de Nashville. Mes enseignants ne se sont pas gênés et m’ont donné des tonnes de devoirs. Au moins cela va me garder occupé durant le voyage. Comme je suis encore fatigué de m’être levé très tôt, je décide de faire une sieste. En me réveillant, je regarde autour et demande :

— Où sommes-nous, papa ?

— Cleveland, en Ohio, il nous reste encore beaucoup de route à faire.

Le paysage est vraiment ennuyant : des champs, des arbres et des fermes. Il est maintenant 18 h lorsqu’un bouchon se forme devant nous. Bon ! Un accident qui paralyse l’autoroute. Après deux heures à avancer à pas de tortue, et cinq kilomètres parcourus, ça se remet finalement à rouler et, vers 22 h, mon père décide de prendre la prochaine sortie pour trouver un hôtel. De toute façon, la partie de hockey n’est qu’à 14 h le lendemain.

Après une bonne nuit de sommeil, nous repartons à 8 h pour Nashville, qui est à deux heures et demie de voiture. Arrivés à destination, alors que nos estomacs commencent à crier, nous nous garons. Puis, comme il ne faut se surprendre de rien aux États-Unis, c’est sur le toit d’un édifice que nous prenons le repas du midi. La vue est magnifique. Plus qu’une heure avant le début du match. Bientôt, nous serons parmi les 18 000 spectateurs prêts à encourager les Predators de Nashville. Je serai un peu déçu par le pointage final : 4-2 pour les Flames de Calgary.

— Ce n’est pas grave ! s’exprime mon père. Espérons que St-Louis gagnera contre Vancouver, demain soir !

Il est maintenant 19 h 30 et nous sommes à environ quatre heures de voiture de St-Louis. Mon père me dit alors :

— Nous allons manger et rouler un peu avant de nous arrêter pour la nuit. Demain, nous pourrons être à St-Louis vers midi.

Nous avons à peine le temps d’engloutir un sous-marin, que nous voilà repartis. Je suis tellement fatigué que je m’endors dans la voiture. Au bout d’un moment, mon père décide d’arrêter pour la nuit et trouve un dépanneur pour acheter de petites collations. À l’intérieur, en faisant la file pour payer, il frôle accidentellement un client. Un homme qui se tient derrière moi me glisse alors à l’oreille :

— C’est ton père, lui ?

— Oui…

— Dis-lui de regarder où il va et de s’excuser, sinon ça va mal finir.

Son regard et sa voix sont menaçants. Il a les yeux rouges. Ses tatouages et sa stature m’intimident. Je ne dis rien à mon père, de peur d’envenimer la situation. Nous sommes les prochains à payer, enfin. Il ne reste, devant nous, que deux jeunes filles qui se parlent à voix haute.

— As-tu assez d’argent ?

— Aucun problème, j’ai 1 000 $ comptant sur moi !

— Quoi ? 1 000 $ !

— Ouais ! Tu veux voir ?

Et la jeune fille sort, de son sac, une liasse de billets qu’elle montre à son amie. Mon cœur se met à battre de plus en plus vite. L’homme, qui m’a adressé la parole auparavant, se trouve juste derrière nous. En voyant la liasse de billets, il porte la main à la poche de sa veste et cherche à saisir quelque chose. Mon père et moi avons vite fait de comprendre que nous sommes peut-être au mauvais endroit au mauvais moment. Un regard entre nous suffit pour que nous déposions ce que nous voulions acheter, afin de nous diriger rapidement vers la sortie, sans regarder derrière. Nous ne saurons jamais la suite, mais je viens d’avoir la peur de ma vie. Aussitôt dans la voiture, nous voilà repartis. Une fois à l’hôtel, nous nous dépêchons de nous enregistrer à l’accueil et de monter à notre chambre. Ce n’est qu’à ce moment que je me sens un peu plus en sécurité, même si mon cœur continue de battre à un rythme fou. Je me mets immédiatement au lit pour que cette journée se termine le plus vite possible.

Il est 7 h. Je me réveille bien vivant, évidemment ! Après un petit déjeuner très apprécié, nous roulons en direction de St-Louis et j’en profite pour faire des devoirs. Arrivés à destination, nous nous dirigeons vers l’hôtel avant de sortir manger. Nous trouvons un gigantesque restaurant sportif qui se situe juste en face du stade de baseball des Cardinals. On y compte au moins vingt-cinq écrans géants. C’est fou ! Mon père commande une bière et le serveur me demande si j’en veux une également. Je lui réponds :

— Non, merci !

Le temps passe vite et c’est maintenant l’heure de se diriger vers l’aréna. Je ne termine pas la trop grande pizza, mais demande d’apporter ce qui reste. Sur le trottoir, à la sortie du restaurant, je croise un itinérant assis au sol.

— Excusez-moi, jeune homme, je vois que vous avez à manger. En avez-vous un morceau pour moi ?

Je suis un peu surpris et effrayé qu’il s’adresse à moi, alors je ne dis rien et poursuis mon chemin. Quelques pas plus loin, je m’arrête et reviens vers lui en lui tendant la boîte de pizza :

— Voilà, monsieur, c’est pour vous !

— Merci, jeune homme, vous êtes le premier aujourd’hui à ne pas m’ignorer. J’apprécie beaucoup votre geste. Que Dieu vous protège !

Son sourire et ses paroles me secouent. Fier de mon geste, je retourne auprès de mon père qui, lui aussi, est fier de moi. C’est maintenant l’heure de notre deuxième partie en deux jours : St-Louis contre Vancouver. L’aréna est rempli de partisans qui espèrent une victoire de leurs favoris. Malheureusement, les Blues connaissent des difficultés et la partie se termine 4-1 en faveur de Vancouver. Il faut déjà retourner à l’hôtel… Quelle journée !

Il est 7 h 30, troisième jour, il est temps de se lever. De toute façon, nous avons beaucoup de chemin à faire pour le retour à la maison. Nous prenons le petit déjeuner et quittons St-Louis aussitôt. Nous sommes dans la voiture à 9 h et il me reste encore des devoirs à compléter. Après quatre heures de voiture, nous sommes coincés dans un bouchon, mais grâce à mon sens de l’orientation, j’analyse la carte routière et trouve une façon de contourner l’embouteillage. Vers 17 h, mon père prend une sortie et stationne la voiture.

— Où sommes-nous, papa ?

— Columbus, en Ohio.

— Pourquoi s’arrête-t-on ?

— Devine !

Mon père me fait voir le calendrier de la LNH sur son téléphone. Les Devils du New Jersey affrontent les Blue Jacket de Columbus, aujourd’hui. Je lève les yeux et mon père me montre deux billets. Toute une surprise ! Je suis vraiment excité : trois parties de hockey en trois jours ! L’équipe de Columbus joue très bien et la partie se rend en période de prolongation. Au début, les joueurs de cette équipe contrôlent le jeu et s’approchent du filet adverse. L’ailier gauche passe la rondelle à l’ailier droit qui la remet au centre… Tic-tac-toe et le BUT ! Cette fois, la soirée est magique. Les 17 000 partisans se lèvent d’un bond et commencent à célébrer. Les confettis, la musique… c’est la folie dans l’aréna ! Les gens se mettent à chanter et à danser. Pas de meilleure façon pour terminer le voyage. Nous roulons à peine vingt kilomètres pour trouver un hôtel… Demain, direction la maison ! Après une autre journée sur la route, la fatigue se fait sentir, mais je suis heureux. De retour au bercail, ma mère me saute dans les bras et me demande si j’ai aimé mon voyage. Je me mets à tout raconter : l’accident sur l’autoroute, le dépanneur, les parties de hockey…

Ce qui m’a le plus marqué n’est pas d’avoir assisté à trois parties de hockey en trois jours dans trois États différents, mais plutôt les paroles de l’itinérant que j’ai aidé. Ce moment m’a fait réaliser à quel point plusieurs personnes n’ont pas toujours la vie facile. Prendre le temps de soutenir et de réconforter ceux qui en ont besoin apporte une satisfaction qui n’a pas de prix.

Aujourd’hui, sur le mur de ma chambre se trouve un morceau de boîte de pizza parmi les photos souvenirs de ce voyage. Ce bout de carton n’a aucune signification pour les autres. Cependant, chaque fois que j’ai des difficultés, je me souviens de cet homme qui, sans le savoir, m’a fait prendre conscience de la chance que j’ai. Grâce à lui, je suis maintenant une meilleure personne.

Guillaume Vincelette-Barrette
École secondaire catholique Jean-Vanier, Welland

Élève de 11e année, Guillaume adore les arts de la scène, notamment l’improvisation et le théâtre. C’est aussi un passionné de hockey : il est toujours partant pour un match de la NHL, et ce, peu importe l’endroit. Ses voyages, pleins d’aventures, sont une source d’inspiration et le mènent bien au-delà du sport…

La médaille d’or

L’APRÈS-MIDI DU 14 FÉVRIER, je descends de l’autobus et me dirige vers l’aréna Rogers à Vancouver, en tenant la main de mon petit frère afin de ne pas le perdre dans la foule. C’est l’évènement auquel j’ai le plus hâte d’assister depuis mon arrivée dans cette ville : mon premier match de hockey olympique. Les gens qui m’entourent ont autant d’énergie que moi. Je sautille en marchant, ayant peur d’arriver en retard et de manquer les premières minutes du jeu. Même un match peu important qui n’implique pas l’équipe canadienne devient un évènement à ne pas manquer dans l’atmosphère des Jeux olympiques de 2010. Les affiches bleues et vertes couvrent tous les édifices. Des mascottes se promènent dans la ville pour donner aux enfants des épingles à collectionner (j’en ai déjà dix). Partout, on rencontre des personnes venant des quatre coins du monde (facilement reconnaissables parce qu’elles portent toujours les couleurs et symboles de leur pays). On n’a même pas besoin d’assister aux évènements pour apprécier l’atmosphère des Olympiques, mais l’idée d’être dans un aréna rempli de partisans de hockey comme moi m’excite tellement que je n’ai pas arrêté de vérifier la montre de ma mère chaque minute de la journée.

— Drapeaux ! Drapeaux ! Achetez vos drapeaux !

Une table bordée de petits drapeaux finlandais et russes a été érigée au bord du trottoir, et deux hommes sont en train de les vendre. L’un d’entre eux est habillé de la tête aux pieds en bleu et blanc ; l’autre, en rouge et bleu, avec un énorme drapeau russe autour de ses épaules. Ma mère me dirige immédiatement vers la table : toute ma famille est habillée en gilets de l’équipe canadienne, n’ayant pas pensé à porter d’autres couleurs pour le match de ce soir. Quand le vendeur me demande quel drapeau je veux acheter, je n’hésite pas à saisir un petit drapeau finlandais. Je suis trop fidèle à l’équipe canadienne pour supporter une équipe de hockey russe, qu’elle soit masculine ou féminine.

Ces onze dernières années, j’ai assisté à plein de matchs de hockey. Bien que j’aie seulement pu aller à quelques matchs des Sénateurs, j’ai certainement vu les 67 plusieurs fois. Et chaque fois que je mets les pieds dans l’aréna, je ne peux m’empêcher de sourire. C’est comme si je peux sentir monter l’énergie autour de moi. Tout le monde est excité d’être ici, et je sais que je m’amuserai ce soir, peu importe le résultat. Même si un grand nombre de gens autour de moi sont évidemment partisans de la Russie, la grande majorité d’entre eux portent la croix bleue de la Finlande. Certains ont même pris la peine de porter les deux drapeaux pour indiquer leur impartialité. Peu importe les couleurs, les costumes sont tous exagérés et excessifs, surtout pour un match aussi peu important que celui-ci.

Le jeu commence presque aussitôt que nous trouvons nos sièges. J’essaye d’apprendre rapidement les noms imprononçables des joueuses. Je suis habituée à connaître les noms de tous les participants d’un match de hockey, ce qui fait que je ne suis pas très à l’aise de regarder un match sans connaître les joueurs. Il est évident dès le début du match que la Finlande est l’équipe gagnante. Le jeu se déroule entièrement dans la zone défensive des Russes, et la gardienne doit travailler fort pour bloquer tous les tirs au but des Finlandaises. Le rythme rapide de jeu me garde sur le bout de mon siège, et je réagis à chaque action en unisson avec la foule. Même mes frères, qui ne sont aucunement intéressés par le hockey, semblent bien s’amuser. Incroyablement, la Russie réussit à marquer en premier, causant un peu d’anxiété chez les gens qui m’entourent. Comme le sait tout partisan de hockey, il n’y a rien de plus frustrant que de perdre un match qu’on aurait dû gagner, et la gardienne russe semble imbattable ce soir.

Les acclamations de la foule sont assourdissantes quand la Finlande réussit finalement à mettre la rondelle dans le filet pour égaliser le match. Des drapeaux blancs et bleus sont brandis partout dans l’estrade. L’écran affiche les visages des joueuses pendant la célébration du but, et il est évident qu’elles n’ont jamais joué devant une foule aussi déchainée. Je suis soudainement contente de ne pas avoir pu acheter de billets pour le hockey masculin : ici, tout le monde s’amuse. L’atmosphère n’est aucunement compétitive puisque nous célébrons tous le hockey féminin. C’est le match de hockey le plus inclusif auquel j’ai assisté.

L’avertisseur sonne pour indiquer la fin de la première période, mais contrairement à l’habitude, personne ne se lève de son siège. Au lieu d’afficher des annonces et des publicités, l’écran montre la compétition de ski acrobatique qui se déroule en même temps que le match de hockey. L’idée de passer vingt minutes sans regarder une compétition olympique est impensable pour les résidents de Vancouver. La phase finale vient tout juste de commencer et aucun Canadien n’est encore passé, mais nous regardons tous attentivement la course. Le ski sur bosses est mon évènement olympique préféré mis à part le hockey, depuis que j’ai vu hier Jennifer Heil finir en deuxième place dans la compétition de ski acrobatique féminin. J’étais déçue qu’elle ne soit pas devenue la première Canadienne à gagner une médaille d’or en sol canadien aux Olympiques, mais peut-être qu’aujourd’hui sera différent.

La deuxième période se déroule de la même manière que la première, sauf que cette fois, les Finlandaises semblent avoir découvert comment battre la gardienne russe. Après un autre vingt minutes de jeu, elles sont en avance par un score de 3 à 1. La foule ne s’est calmée aucunement depuis le premier but des Finlandaises et, étonnamment, mes frères sont encore intéressés par le match. Le hockey a toujours été une affaire de filles dans ma famille : c’est ma mère et moi qui en sommes partisanes. L’entracte commence et la compétition de ski est affichée encore une fois à l’écran. Un Canadien occupe maintenant la troisième place, et le tour d’Alexandre Bilodeau approche. En moins d’une heure, nous saurons si le Canada aura besoin d’attendre un autre jour pour gagner sa première médaille d’or en sol canadien.

L’énergie d’un groupe de Canadiens à un match de hockey est inépuisable. La troisième période, encore une fois dominée par la Finlande, est ponctuée de chants et d’acclamations. À chaque pause dans le match, on voit les résultats du ski acrobatique affichés en haut de l’aréna. Un Canadien est en première place, maintenant en deuxième, en troisième, puis en quatrième. La fin approche. Alexandre Bilodeau n’est pas encore passé. La Finlande marque deux fois de plus dans la troisième période, pour gagner 5 à 1 dans un match de hockey que je n’oublierai jamais. Mais en sortant de l’aréna, il n’existe qu’un sujet de conversation chez les gens qui nous entourent : la compétition de ski acrobatique. C’est à l’arrêt d’autobus que j’entends finalement le cri de joie que j’attends depuis si longtemps.

— ON VIENT JUSTE DE GAGNER UNE MÉDAILLE D’OR !

Je ne sais pas d’où vient le cri, mais il est suivi d’une explosion de sons. Je crie à l’unisson avec mes concitoyens quand la nouvelle extraordinaire traverse la foule. Ce n’est pas juste à l’arrêt d’autobus que se passe cette célébration. Partout dans la rue, des Canadiens et des Canadiennes se félicitent et brandissent leurs drapeaux rouges et blancs. Nous crions le nom d’Alexandre Bilodeau, et c’est en célébrant une victoire canadienne que je monte à bord de l’autobus pour retourner finalement chez mes grands-parents, à White Rock.

Beata Elliot
École secondaire publique De La Salle, Ottawa

Beata est une élève de 11e année dans la concentration écriture et création littéraire. Elle lit beaucoup de romans fantastiques et de science-fiction, et espère en écrire un jour. Fanatique des Sénateurs d’Ottawa, elle joue au hockey depuis quatre ans et fait de l’équitation compétitive depuis neuf ans.